Les luminaires design valent-ils leur prix face à un bon éclairage indirect ?

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Intérieur moderne avec luminaires design et éclairage indirect harmonieux pour une ambiance sophistiquée

Mon luminaire design, la Flos IC Lights, m’a renvoyé un trait blanc dans les yeux dès que j’ai fermé le livre. Dans notre appartement ancien rénové à Lyon, avec mon compagnon, je l’avais choisi pour sa présence plus que pour sa lumière. Je vais expliquer pour qui cette pièce vaut le coup, et pour qui c’est un piège.

Je voulais un luminaire qui fasse plus que juste éclairer ma pièce

Sur le terrain, j’ai d’abord regardé la forme avant la lumière. Je suis partie d’un salon calme, avec un canapé bas, une table ronde et une suspension qui devait tenir le centre de la pièce. J’avais mis 340 euros de côté pour un objet visible même éteint, pas pour une simple ampoule pendue au plafond.

Je suis partie avec trois critères nets. Je voulais une présence forte, même éteinte, une lumière chaude à 2700 K, et assez de confort pour lire douze minutes sans plisser les yeux. J’étais sûre de moi sur l’esthétique, beaucoup moins sur le reste, parce que je voulais aussi recevoir sans avoir l’impression d’être sous un projecteur.

J’avais regardé l’indirect en ruban LED, les spots encastrés et deux lampes à poser. Le ruban me tentait, mais le plafond de notre salon est haut, et je savais que le rebond ferait tout ou rien. À force, j’ai appris qu’un objet peut être beau dès que je l’éteins. Il perd tout son intérêt au premier dîner si la lumière suit mal. Je me suis retrouvée à choisir la suspension design, parce qu’elle donnait du relief au centre de la pièce et qu’elle ne demandait pas de chantier lourd.

Quand j’ai compris que ça n’allait pas le faire

J’ai été frappée dès la première semaine. Le soir, je m’asseyais dans le canapé, je levais les yeux, et le luminaire me renvoyait sa lumière en plein visage. Au bout de 10 minutes, mes yeux me tiraient, et je finissais par baisser la tête pour lire. Ce point lumineux central, plus qu’une source d’éclairage, est devenu un véritable projecteur dans mon champ de vision, comme un phare que je ne peux pas fuir. Je me suis sentie coincée, parce que l’objet restait superbe, mais mon corps disait non.

Le problème venait du flux lumineux mal diffusé. L’abat-jour en verre dépoli dessinait bien un halo sur le mur, mais il laissait l’ampoule trop lisible et créait une zone d’ombre juste sous la source. J’ai compris là que le point chaud au centre attire l’œil plus qu’il n’éclaire, et qu’un globe opalin ne règle rien si l’ampoule reste visible.

J’ai aussi commis une erreur de base. Je n’avais pas vérifié la hauteur d’installation, et la suspension était placée à 68 cm au-dessus de la table, trop bas pour notre façon de s’asseoir. J’avais choisi une ampoule trop blanche, presque 4000 K, et l’ensemble a rendu la scène plus froide, presque clinique, dès la tombée du jour. Pour le câblage fixe, je m’arrête là et je fais vérifier par un électricien, parce que je ne joue pas avec cette partie.

Je suis rentrée d’une journée longue, j’ai allumé la suspension, et la pièce était jolie, mais pas confortable. La poussière apparaissait vite sur le verre dépoli, et je passais un chiffon tous les 7 jours, sans jamais retrouver le même éclat. Je me suis sentie bêtement coincée entre l’objet et l’usage, parce qu’en vrai je n’avais pas acheté une sculpture, j’avais acheté un éclairage. C’est là que j’ai été convaincue que le prix ne racontait pas tout.

Trois semaines plus tard, j’ai testé l’éclairage indirect seul puis en mix

Trois semaines plus tard, j’ai changé de terrain. J’ai posé un ruban LED à 47 euros dans un profilé opalin, avec un variateur réglé sur 2700 K. La lumière léchait le plafond au lieu de tomber en cône, et la pièce a tout de suite paru plus calme. J’ai aussi compris le piège du ruban nu, parce que sans diffuseur les points des diodes restent visibles et l’effet fait guirlande.

Quand j’ai éteint la suspension et laissé la lumière indirecte seule, la pièce s’est transformée en un cocon. Chaque surface semblait respirer, sans jamais me forcer à plisser les yeux. J’ai aimé cette douceur, mais je n’avais plus assez de lumière pour lire plus de 8 minutes sur le canapé. La pièce paraissait plus grande, mais aussi plus plate, et la table restait un peu floue sans point d’appui local.

J’ai fini par faire le mélange qui tient debout. La suspension est revenue en accent, à intensité réduite à un tiers environ, et j’ai gardé l’indirect en base avec une lampe de lecture à côté du canapé. Là, j’ai été convaincue, parce que le centre de la pièce restait vivant sans cette sensation d’attaque au visage. Je suis devenue plus stricte sur le variateur, parce que sans lui la belle lampe retombe vite dans la gêne.

Au fil des ans, j’ai fini par regarder la lumière par couches, pas seulement comme un effet. Le détail qui m’a gardée dans cette version, c’est l’IRC. Avec une lumière correcte, le bois du meuble, le lin du rideau et la peinture mate ne viraient pas au gris. J’ai vu la même chose avec une Artemide posée un soir chez des amis, et ce n’est pas le dessin seul qui faisait la différence, c’était aussi la manière dont la matière répondait. Dans une autre pièce au plafond plus haut et plus texturé, l’indirect perdait vite sa douceur, et j’ai compris pourquoi le rebond compte autant.

Pour qui je recommande d’investir dans un luminaire design, et pour qui il vaut mieux passer son tour

Je le garderais pour un salon de 21 m², avec un budget de 240 euros, quand la personne accepte une lumière par moments dure et veut un objet qui se voit même éteint. Je le garde aussi quand la pièce sert surtout à dîner et à recevoir, avec un variateur et une autre source près du canapé. Dans ce cadre, une Flos ou une Luceplan apporte une présence nette, et je trouve ça très juste.

Je le laisse de côté pour une personne qui lit 20 minutes chaque soir, pose son livre dès que la source tombe dans l’axe, ou supporte mal une scène à 4000 K. Je le laisse aussi de côté quand la table sert de bureau 4 jours par semaine, ou quand le plafond est foncé, haut ou très texturé. Là, je préfère des spots orientables, une applique discrète et une petite suspension en second rôle.

Si je refaisais un salon avec 220 euros seulement, je commencerais par deux lampes à poser et un ruban LED bien caché dans un profilé opalin. Si la pièce devait servir à lire, recevoir et travailler, je garderais la suspension en accent et je miserais sur des points de lecture francs. Mon verdict : pour quelqu’un qui accepte de superposer 2 couches de lumière et de régler l’intensité, le luminaire design reste une belle pièce. Pour moi, c’est oui pour l’effet Flos ou Artemide, non pour l’illusion d’une lampe qui ferait tout toute seule, parce que le confort vient du duo entre accent, indirect et point de lecture.

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La rédactrice